Le principe de Fermat

« La lumière se propage d’un point à un autre sur des trajectoires telles que la durée du parcours soit extrémale. »

Finalement, la seule conséquence importante du principe de Fermat pour faire du sténopé c’est que la lumière se déplace en ligne droite.

En pratique c’est quoi un sténopé?

« La chambre noire de Porta, … servit de point de départ pour la création des chambres photographiques… Nous prenons une boîte rectangulaire parfaitement close et peinte à l’intérieur d’une couleur noir-mat. Nous perçons sur un des côtés un très petit trou et nous portons l’appareil au dehors. En nous couvrant la tête d’un voile noir et en regardant par une ouverture disposées à cette effet dans un autre côté de la boîte, nous voyons les objets extérieurs se peindre sur le côté opposé à la petite ouverture. Mais l’image est renversée : le ciel est en bas, le pieds des maisons sont en haut. »

J.Carteron, Photographie- Les débuts d’un amateur, Charles-Mendel Éditeur, Paris, page 7 (Le livre ne comporte pas de date, seul une mention manuscrite de l’année 1916 apparaît).

« …la construction du premier appareil photographique dit sténopé. Cet appareil primitif est constitué, … par une boîte dont une des faces est percée d’une étroite ouverture. Sur la paroi de la boîte opposée à celle dans laquelle est pratiquée l’ouverture est disposé la surface sensible. Il est évidemment possible de faire des photographies avec un tel dispositif, mais celui-ci présente des inconvénients qu’il ne faut pas songer à l’utiliser dans la pratique. »

Dr H.G. Wandelt, ABC de la photographie – Un guide Photographique Agfa, non daté (années 50?).

Un sténopé, c’est donc une boîte étanche à la lumière. Cette boîte dispose sur une face d’un trou minuscule (je reviendrai sur ce sujet dans un prochain papier) : sténopé en grec signifie, trou étroit. Et bien évidemment comme nous voulons conserver l’image produite, il faut placer une surface sensible ou pellicule sur la paroi opposée à ce trou. Un dépoli doit en théorie permettre de voir une image inversée. Je dit en théorie, parce que le manque de luminosité du dispositif, ne doit pas rendre les choses faciles. La surface sensible peut être une pellicule classique mais il est possible d’utiliser également une feuille de papier photo.

A partir de là tout est permis, utilisation de boîtes et bidons divers, anciens appareils photo détournés, trous fabriqués dans des matériaux divers, suffisamment fins (ça c’est important), ne pas oublier un obturateur. Le plus simple sera un morceau de papier adhésif suffisamment opaque, où dispositifs plus compliqués.

Sténopé, boîte de peinture
Sténopé fabriqué avec une boîte de peinture Négatif : papier photo
Sténopé "Le Populist" fabriqué en carton Pellicule photo argentique

Alors, plus besoin d’appareil photo compliqué

« Comme il faut pour obtenir une image correcte des objets, que l’ouverture, au travers de laquelle passe la lumière, soit suffisamment petite, il serait nécessaire de poser très longtemps pour enregistrer cette image sur la couche sensible.

Les images ne peuvent être très nettes, car, même avec une très petite ouverture, les rayons lumineux issus de chacun des points de l’objet à photographier (passant à travers l’ouverture faite dans la paroi de la boîte et tombant sur la couche sensible), ne convergent pas en un point, mais produisent un « cercle de dispersion »

Dr H.G. Wandelt, cité plus haut

Ne cherchez pas à faire des photographies nettes avec un sténopé, ce n’est pas possible. On peut améliorer les choses en jouant sur le diamètre, la forme, le matériau dans lequel est fait le trou, mais on ne peut pas atteindre la qualité d’un objectif avec des lentilles. En fait ce machin n’a que des inconvénients.

 

« J-B Porta, le premier remarqua qu’en adaptant à une ouverture assez grande une lentille convergente, l’image était beaucoup plus net et mieux éclairée, mais à conditions que le mur sur lequel elle se dessine soit à une distance convenable de la lentille, dépendant de cette dernière »

G-H Niewenglowski, La photographie et la photochimie, Félix Alcan éditeur, Bibliothèque scientifique internationale, Paris 1897, page 2 et 3.

Autre principe de physique, une lentille convergente à une longueur focale. Mais c’est une autre histoire.

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Ceci, dit ce sont bien ces défauts et ces inconvénients : le flou, les temps de pose etc qui font le charme, l’intérêt, le plaisir de la photographie au sténopé. Un champs entier de création, limité certes pas quelques lois de la physique mais surtout par l’imagination s’ouvre devant le photographe avec ces engins.