Faire un trou à la lune

Le trou c’est le sténopé.

    « Faire un trou à la lune : Décamper par un trou à la clarté de la lune »

Les excentricités du langage, Lorédan Larchey, 1865    

« Pour faire un trou à la lune, on doit attendre que la lune soit dans son plein »

Les crimes du procureur impérial, Odysse Barot (1830-1907), Jules Rouff éditeur, Paris

On peut se procurer des trous dans le commerce (voir à la fin de l’article, l’adresse d’une bonne crémerie), mais il n’est pas du tout difficile d’en fabriquer pour une somme modique. En plus, et c’est ce qui m’intéresse, ils ne sont pas aussi « bons » que ceux que vous trouverez dans le commerce. Et pour moi, j’aime le « pas aussi bons » qui se traduira par des résultats plus flous, plus aléatoires, plus intéressants, mais là chacun ces goûts. En tous cas, n’hésitez pas à démarrer avec cette solution, ça ne coute pas grand chose.

Matériel nécessaire

On peut utiliser différentes matières. On trouve sur internet des exemples utilisant du feuillard de laiton et même des feuilles d’or. Il est tout à fait possible que les résultats soient meilleurs avec ces matières, mais elles sont difficiles à trouver et onéreuses. Je vous propose d’utiliser plus simplement des boites boissons en acier ou en aluminium que l’on trouvent avec divers contenus dans n’importe quelle épicerie ou supermarché. L’épaisseur actuelle des ces boites tourne autour de 0,2 mm. Mais n’hésitez pas à expérimenter d’autres solutions. L’important c’est que la matière soit assez fine.

  • une boîte boisson (soda, bière, chacun ses goûts),
  • une paire de ciseaux,
  • une aiguille,
  • un petit marteau,
  • un petit bout de carton,
  • papier abrasif avec un grain fin (220 par exemple).

La fabrication

Découpez à l’aide d’une paire de ciseaux un morceau de quelques centimètres de coté de tôle de métal. Comme vous pouvez le voir sur la photo, (enfin peut être, c’est pas très grand) le morceau à la fâcheuse tendance à conserver la forme arrondi de la boîte. En le frottant sur le bord d’une table, on arrive à le redresser un peu. En fin de compte, ce n’est pas très gênant.

Poser le bout de tôle sur le carton (ça évite de faire un trou dans la table).
A l’aide de l’aiguille et du marteau percez le morceau de boîte. Pas besoin de frapper comme un sourd, cela se perce facilement. Pour faire un trou pas trop grand, arrêtez-vous de percer dès que l’aiguille a traversé la feuille de métal. Faite tourner, la tôle autour de l’aiguille pour rendre le trou plus rond (n’ayez pas trop d’illusion, j’ai regardé au microscope, c’est vraiment très difficile de faire un trou bien rond avec cette méthode).

L’opération de perçage a provoqué un renflement autour du trou. A l’aide de la toile émeri, poncez autour du trou afin d’enlever ce renflement et  la bavure.

Et voilà! vous avez réalisé votre premier trou. Il n’est pas parfait loin de ça (voir ci-dessous,  mais vous pouvez l’utiliser , sans aucun problème, pour faire des clichés. Vous en voyez un exemplaire monté sur une boîte de peinture. J’ai coloré avec un marqueur noir la surface de la tôle pour réduire les reflets.

Exemple

Deux trous fabriqués avec la méthode décrite ci-dessus au microscope.

Photo prise au sténopé réalisé le jour du PinholeDay 2009, avec une boîte de peinture, transformée en sténopé et une pellicule papier (je reviendrai dans un futur proche sur cette technique).

Une grande obsession de beaucoup de sténopistes, c’est la taille du trou. Les forums sont remplis de discussions enflammées sur ce sujet. Certains cherchent absolument à respecter la formule de Rayleigh ou la formule de bidule (voir l’article Des formules pour des trous dans ce blog). Ce que je peux vous dire dès maintenant, ne vous préoccupez pas de la taille du trou. Amusez-vous sans vous prendre la tête (évitez de le fabriquer avec une aiguille à tricoter quand même). Il est clair que si votre trou est plus petit, l’image sera plus net. Mais est-ce que l’on fait du sténopé pour avoir des images nets??

Liens

 

Rev. 2, 14/05/2017 : transfert sur stenope.xyz