Photo : Le Sténopé Républicain 2017

Quand on observe par le pouls et par le sphygmomanomètre toutes les réactions que le malade éprouve après être entré dans la baignoire ou dans la piscine, on peut voir que deux manières d’effets se produisent. Au premier instant la peau pâlit, le sang semble pour une part quitter la périphérie pour affluer principalement au cœur ; le pouls devient plus fort et, forcément, la tension vasculaire augmente. Il y a là des détails dans lesquels je n’ai pas besoin d’entrer. Toujours est-il qu’au bout de quelques instants une seconde période commence pour le malade. Cette peau qui était tout à l’heure livide devient au contraire rougissante ; une manière d’érythème artificiel se produit, l’épiderme devient scarlatiniforme, d’une rougeur plus ou moins violacée, avec des nuances variables selon les réactions auxquelles chacun de nous est sujet. On s’aperçoit que cet érythème est produit tout simplement par une manière de sinapisation, due à l’action de l’acide carbonique et de la minéralisation du bain sur la peau et sur ses réseaux vasculaires. On a dit avec raison que quand on prenait un bain de Royat il semblait que l’on prît un bain de Champagne.

Voyages d’études médicales. Royat, conférence de M. le professeur Landouzy. Éditeur : impr. de G. Mont-Louis (Clermont-Ferrand), 1907, page 17