Le hêtre porte haut la partie supérieure de la canopée : jusqu’à 30 m ! Celle-ci constitue un filtre puissant de la lumière si bien que dans le sous-bois ne pénètre qu’une partie faible du rayonnement incident : 2 à 15% en été ; moins de 35% en hiver, après la chute des feuilles. Il en résulte une strate arbustive peu fournie et les espèces herbacées elles-mêmes ne foisonnent qu’à la faveur de clairières ou près des lisières et chemins. Si, à l’état jeune le hêtre (ou Fayard, Fagus sylvatica) est sciaphile, en revanche à l’état adulte, il possède à la fois des feuilles de lumière dans la partie supérieure de la frondaison.et des feuilles d’ombre sur les rameaux les plus bas, feuilles d’ombre qui restent longtemps vertes et dont l’activité photosynthétique se prolonge tard en automne  – jusqu’aux premières gelées qui les roussissent brutalement.

 

P. de Puytorac et al, L’Auvergne, les milieux, la flore, la faune, delaschaux et niestlé, Lausanne, Paris, 1997, p. 7