Du zénith au nadir

Même spectacle. Toute l’étendue de la sphère céleste, fourmillant d’étoiles et de constellations d’une pureté merveilleuse, à rendre fou un astronome. D’un côté, le Soleil, comme la gueule d’un four embrasé, disque éblouissant sans auréole, se détachant sur le fond noir du ciel. De l’autre, la Lune lui rejetant ses feux par réflexion, et comme immobile au milieu du monde stellaire. Puis, une tache assez forte, qui semblait trouer le firmament et que bordait encore un demi-liséré argenté : c’était la Terre. Çà et là, des nébuleuses massées comme de gros flocons d’une neige sidérale, et du zénith au nadir, un immense anneau formé d’une impalpable poussière d’astres, cette voie lactée, au milieu de laquelle le Soleil ne compte que pour une étoile de quatrième grandeur !

Jules Verne, Autour de la Lune, 1869